Rebel Diwana
Rebel Diwana
2018 – CD et digital
Musiciens solistes invités :
Murad Ali Khan : sarangi
Shuheb Hasan : chant
Nicolas Vella : claviers
Natalino Neto : basse
Arthur Alard : batterie
Titi Robin : voix, guitares
« Je suis l’enfant d’une culture souterraine »
Titi Robin
« Je suis l’enfant d’une culture souterraine et qui a vu naître son langage intime à travers la musique et les mots du grand monde méditerranéen et de ses affluents. Aujourd’hui, portée par ses vagues, la parole s’embrase au sein d’une rébellion nomade qui n’a plus de pays, sinon un ciel, celui de l’exil sans fin. Dans la forme de notre nouveau projet orchestral, nous empruntons la puissance et la violence éloquente d’une instrumentation nouvelle et faisons le pari de préserver dans nos mots, nos notes et nos rythmes, le cœur de cette culture insoumise. »
Titi Robin
« Après 20 albums – qui sont pour moi les parties complémentaires d’une seule et même œuvre – en trente années de concerts, j’ai éprouvé le besoin d’affirmer le fond de mon engagement esthétique en brisant, de manière paradoxale et résolument iconoclaste, les clichés liés à la forme de mon expression artistique. Mon discours n’a jamais été attaché aux instruments ou aux orchestrations mais bien aux langages mélodiques et rythmiques et surtout à la philosophie qui les sous-tend. J’ai choisi, pour ce projet spécifique, concert et disque, d’emprunter à la culture occidentale dominante la puissance sonore de certains de ses instruments emblématiques, tout en faisant le pari d’une radicalité préservée et revendiquée de mon discours esthétique. Ce que je ressens, de plus, de l’évolution de la société et du monde, avec sa part de violence, m’incite à vouloir répondre avec une parole musicale qui puisse retourner cette violence vers le monde. La Méditerranée, dont les rives nord sont le socle culturel de l’Europe, l’Orient et l’Asie, berceaux de mon inspiration, sont traversés de tremblements sociaux et politiques, et j’ai le désir d’embrasser et d’évoquer dans mon art, humblement, la part humaine et sensible de ces bouleversements.
Orchestration, instrumentation:
Le duo rythmique de base est constitué d’une batterie et d’une basse électrique, inventant un langage rythmique original profondément renouvelé, la basse évoluant en effet dans la continuité de ma collaboration avec Mehdi Nassouli (voir dernier album et concert « Taziri ») et puisant donc son jeu dans la logique du guembri gnaoui, et la batterie partant des styles de percussions qui m’entourent habituellement, et les traduisant pour son organologie, en en modifiant l’approche traditionnelle. Nous gardons donc l’efficacité et la puissance de ses deux instruments tout en évitant soigneusement d’emprunter les clichés les rattachant à la culture anglo-saxonne (jazz, rock, …) qui obéit, elle, à une autre logique esthétique. Il en est de même de l’ instrument que j’utilise moi-même ici, la guitare électrique, dont je tire l’énergie et la puissance sonique, sans rien trahir de mon style propre, au niveau des modes et de l’improvisation. Là est l’enjeu. Un instrument mélodique à corde, le sarangi, vielle à archet du Nord de l’Inde, qui fait partie des instruments familiers à mon univers (voir « Les Rives », « Laal Asmaan ») est invité pour doubler la guitare et improviser. Un clavier synthétiseur, remplaçant l’accordéon également très présent habituellement dans mes formations, habille l’orchestre de nappes harmoniques et de bourdons.
Pour finir, deux voix se posent sur cet ensemble instrumental: un chanteur de ce style hindoustani s’épanouissant régulièrement dans mes projets (« Jaadu », « Laal Asmaan ») qui chante en hindi-urdu et improvise vocalement, et ma propre voix, scandant des textes poétiques en français, dans la lignée de mon travail avec Michael Lonsdale « L’ombre d’une source », mais dans une veine ici nettement plus extravertie. »
LES ARTISTES AU SEIN DE REBEL DIWANA
Arthur Alard (batterie)
Jeune batteur très actif sur la scène jazz contemporaine, Arthur Alard est passé par l’apprentissage du djembé avec Adama Drame puis de la batterie avec François Laizeau, compagnon de Titi Robin à l’époque de « Un ciel de cuivre », et qui l’a recommandé chaudement.
Natalino Neto (basse)
Bassiste brésilien résidant à Paris et collègue assidu de Ze Luis Nascimento, c’est via ce dernier que Titi l’avait rencontré depuis quelques temps et l’a invité dans cette aventure.
Murad Ali khan (sarangi)
Un grand ami de Titi Robin et compagnon de longue date (Les Rives, Khushboo), et un des joueurs de sarangi les plus réputés de la nouvelle génération en Inde.
Nicholas Vella (claviers)
Claviériste sicilien ultra présent sur les scènes jazz et groove européennes, également compositeur, arrangeur et directeur artistique.
Shuheb Hasan (chant)
Chanteur hindoustani de Delhi, il appartient par sa famille à la Moradabad Gharana et est le disciple des maîtres Ustad Siddique Ahmed Khan et Ustad Ghulam Sabir Khan.
Titi Robin (guitares, voix, textes et musique)
JB Brunhes (enregistrement, mixage)
Studio ICP Brussels / Octobre 2017
Couverture de l’album: Jacob Aue Sobol (Magnum)
« Un recueil de poèmes acérés et sensuels, où se confondent les figures de la passion et de l’exil.»
Richard Robert
Avec Rebel Diwana, la musique de Titi Robin change de peau et d’outils, sans rien abdiquer de son langage, son âme, sa vision. Flanqué de trois jeunes musiciens de la scène jazz parisienne, ainsi que d’un joueur de sarangi et d’un chanteur indiens, son auteur intensifie sa matière, en usant pour la première fois d’une guitare électrique et en posant sa voix sur ses propres mots. Rebel Diwana est un recueil de poèmes acérés et sensuels, où se confondent les figures de la passion et de l’exil. Titi Robin y trace plus profondément encore le sillon d’une expression de l’intime à nulle autre pareille, les contours d’un univers intérieur abreuvé aux sources des musiques du bassin méditerranéen, d’Asie Centrale ou du Rajasthan. Cet album ne pourrait être qu’un pas de côté dans son parcours solitaire : c’est en vérité la réaffirmation d’un regard aigu sur le monde qui, dans un même mouvement, en saisit la violence et la beauté.
Avec Rebel Diwana, la musique de Titi Robin change de peau et d’outils, sans rien abdiquer de son langage, son âme, sa vision. Flanqué de trois jeunes musiciens de la scène jazz parisienne, ainsi que d’un joueur de sarangi et d’un chanteur indiens, son auteur intensifie sa matière, en usant pour la première fois d’une guitare électrique et en posant sa voix sur ses propres mots. Rebel Diwana est un recueil de poèmes acérés et sensuels, où se confondent les figures de la passion et de l’exil. Titi Robin y trace plus profondément encore le sillon d’une expression de l’intime à nulle autre pareille, les contours d’un univers intérieur abreuvé aux sources des musiques du bassin méditerranéen, d’Asie Centrale ou du Rajasthan. Cet album ne pourrait être qu’un pas de côté dans son parcours solitaire : c’est en vérité la réaffirmation d’un regard aigu sur le monde qui, dans un même mouvement, en saisit la violence et la beauté.
« Courbe ton dos gorgé de sève, ma vie... »
Rebel Diwana
« Après L’Ombre d’une source, un projet et un album (paru en 2014), dans lequel il révélait sa verve poétique, il met à nouveau en musique ses propres vers dans Rebel Diwana, dont l’un cite le nom du poète soufi Mohamed Iqbal (1877-1938)… Une de ses poésies, en farsi, dit : « La rive s’interroge sur qui elle est et la vague lui répond, moi je sais qui je suis, c’est le mouvement qui me définit. » « Les poètes ont une parole porteuse d’enseignement. L’identité n’est jamais figée. Je bouge, donc je suis. Ce mouvement, c’est la réalité de la vie », dit Titi Robin. La conclusion résonne comme une explication quant au sens de Rebel Diwana dans son parcours. » / Patrick Labesse / Le Monde
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Production : Suraj / Molpé Music
Photo de couverture : Jacob Aue Sobol / Graphisme: Rbk Records